2012 |

Les RDV de l'Histoire
Octobre 2012

Le Paysan et sa Terre

Crises et mutations dans les campagnes européennes

Le CRICEC aux Rendez-vous de l’histoire de Blois

 

Dans le cadre des Rendez-vous de l’histoire de Blois (18 – 21 octobre ; http://www.rdv-histoire.com/), consacrés cette année aux Paysans, le GDR 2912 CRH-EHESS Histoire des campagnes européennes et le GDR-I CRH-EHESS Crises et mutations dans les campagnes européenes (CRICEC), organisent ou accompagnent les séances suivantes : 

1) Vendredi 19 octobre, 16h – 17h 30, à l’Amphi vert, campus CCI :

Quelles collectivités villageoises pour quelle Europe rurale, du 18e au 20e siècle ? (GDR 2912, organisé par Laurent Brassart, Jean-Pierre Jessenne, Nadine Vivier).

Carte blanche au GDR 2912 « Histoire des campagnes européennes ».

 INTERVENANTS : Laurent BRASSART, maître de conférences à l’université de Lille III - Charles de Gaulle, John BROAD, professeur à l’université de Cambridge, Juan CARMONA, professeur à l’université Carlos III de Madrid, Bertrand HERVIEU, inspecteur général de l’agriculture, agronome, Jean-Pierre JESSENNE, professeur émérite à l’université de Lille III - Charles de Gaulle, Nadine VIVIER, professeure à l’université du Maine.

 La table ronde mettra en évidence les transformations qui ont tour à tour affecté le monde rural européen depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours et modifié son rapport avec ces instances de pouvoir et de vie sociale que sont la commune rurale et le village.

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À l’heure où beaucoup s’interrogent sur le bon échelon où régler les questions du vivre ensemble et de la bonne échelle de l’organisation territoriale, il est inconcevable de ne pas faire place à la ruralité et aux villages dans la réflexion. D’ailleurs, en France, chacun s’accorde à conférer un rôle décisif à cette dimension rurale dans le récent changement de majorité au Sénat, volontiers présenté comme l’assemblée des territoires. Pourtant la réputation des communes rurales et de leurs administrations est paradoxale : elles sont volontiers considérées comme les lieux où s’exerce le plus directement la responsabilité citoyenne et en même temps souvent accusées d’incompétence ou ramenées à de dérisoires « clochemerles ». Par ailleurs, il est banal d’opposer schématiquement l’émiettement communal français aux autres situations européennes. Que penser de ces paradoxes ? Dans quelle mesure la comparaison européenne des présents, où prime l’idée que l’efficacité suppose de grandes communes, et de passés, finalement très divers, éclaire-t-elle l’histoire rurale européenne, celle de la place des paysans dans les Etats-nations notamment ? Le village et la commune sont-ils encore des cadres où peuvent se régler des affaires collectives de quelque importance ou au contraire la banalisation des situations dans « l’archipel paysan » et rural rend-t-elle cette collectivité caduque ? Autour de l’ouvrage La conduite municipale des affaires villageoises en Europe (XVIIIe-XIXe), [Septentrion, 2012] cinq historiens et sociologues, britannique, espagnol, français débattront sur ces thèmes en confrontant leurs expériences de pays et de temps différents.

 

2) Vendredi 19 octobre, 17h 30, au bar de la Halle aux grains :

Café historique de Fabrice Boudjaaba (GDR-I CRICEC) : La famille paysanne

Bar de la Halle aux Grains, place de la République, Blois 17H30

Par Fabrice BOUDJAABA, chargé de recherche au CNRS

La famille paysanne est-elle une famille comme les autres ? A la fois unité de production et reflet supposé d’une famille traditionnelle et idéalisée, la famille paysanne, à travers les âges, interroge à la fois nos représentations des liens familiaux et du rôle économique de la parenté

 

3) Samedi 20 octobre, 9h – 13h, à la salle 004, Université :

L’expropriation des terres et la formation du latifundium en Amérique latine (GDR 2912, organisé par Pablo F. Luna).

Demi-journée d’études, carte blanche au GDR 2912 « Histoire des campagnes européennes ».

INTERVENANTS : Alejandro GUZMÁN, professeur à l’université de Barranquilla, Colombie, Miguel de LEON CETO, doctorant à l’EHESS, chercheur à l’université Rafael Landívar (URL), Guatemala, Pablo F. LUNA, maître de conférences à l’université de Paris IV - Sorbonne, Raquel NEYRA, économiste, représentante en France du mouvement « Tierra y Libertad », Pérou, Jean PIEL, professeur émérite à l’université de Paris VII - Denis Diderot, Alejandro TORTOLERO, professeur à la universidad autónoma metropolitana de Mexico (UAM) Iztapalapa.

 

Dialogue entre historiens et spécialistes en sciences sociales sur l’expropriation des terres et la formation du latifundium en Amérique latine, en termes d’usurpation, de concentration, de déconcentration et de re-concentration de la propriété.

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Que ce soit par le « droit de conquête », par l’usurpation pure et simple, par la législation coloniale péninsulaire (ou républicaine indépendante, depuis le 19e siècle), ou par la voie du marché — plus contemporaine —, l’appropriation des terres et leur concentration très centralisée ont été des faits majeurs, constants et récurrents dans l’histoire de l’Amérique ibérique, puis latine. Elles ont débouché sur la formation des grands latifundia, de plusieurs milliers d’hectares, et de l’hacienda comme unité centrale de l’organisation socio-économique de la vie rurale (et de la vie sociale, tout court), durant plusieurs siècles. Les processus ont été divers, depuis le 16e siècle, et ont produit un nombre varié de configurations sociétales, selon les territoires du Nouveau Monde. Et ceci, en fonction de ce qu’avaient pu être l’avancée technique autochtone préhispanique, la concentration démographique à l’arrivée des Européens, les systèmes agraires préexistants, et l’évolution des sociétés, des civilisations ou la nature des Etats conquis (et détruits). Mais aussi, dans la moyenne durée, en fonction du degré de résistance des populations indigènes ou esclaves importées ; un genre d’opposition nécessairement inégal, dans le temps et dans l’espace. La création d’immenses domaines fonciers ibéro-américains, à partir de la déstructuration brutale des sociétés et des systèmes économiques indiens, n’a été un processus ni harmonieux ni linéaire. Il a été rythmé, entre autres, par le rejet des populations conquises à l’avancée des Etat coloniaux, par les assauts souvent anonymes ou étouffés des « Indiens barbares » ou des esclaves en rupture de plantation ou d’hacienda, par les « révoltes millénaristes » (renouvelées grâce à une mémoire séculaire), ou par les soulèvements contre le « mauvais gouvernement ». Mais il y a eu aussi, plus proche de nous, des réveils indiens et communautaires pour la réforme agraire, et la redécouverte du territoire en tant que milieu naturel du vivant et du pouvoir local. La présence vérifiée de tous ces processus passés et actuels (que l’historiographie française a souvent contribué à démêler et à comprendre), et qui démentent les hypothèses pressées sur l’immobilité des sociétés, donne à l’espace latino-américain actuel la particularité d’avoir déjà vécu des expériences qui sont ailleurs nouvelles ou inédites. Si l’usurpation et la colonisation ont ouvert la voie à l’appropriation et à l’accaparement des terres, la réaction des vaincus pour la réappropriation des espaces de la « Pachamama » (et d’autres mères-terre nourricières) a poussé les possédants à mettre en place des stratégies nouvelles. D’autant plus de la globalisation des ressources naturels a également mis (ou soumis) les communautés d’Indiens et leurs successeurs à l’école de l’économie du marché. De ce point de vue, il devient incontournable en Amérique latine, de comprendre le passé et de revisiter les processus de formation des latifundia, afin de mieux connaître le présent.

 

4) Samedi 20 octobre, 14h – 19h 30, à l’Amphi vert, campus CCI :

Le paysan et sa terre (GDRI CRICEC, organisé par Gérard Béaur et Fabrice Boudjaaba).

Mini-colloque, carte blanche au Groupe de Recherches International du CNRS - CRICEC (CRIses and Changes in the European Countryside).

INTERVENANTS : Gérard BÉAUR, directeur d’études à l’EHESS, Fabrice BOUDJAABA, chargé de recherches au CNRS, John BROAD, Visiting Academic de l’université de Cambridge, Rosa CONGOST, professeure à l’université de Gérone, Antoinette FAUVE-CHAMOUX, maître de conférences à l’EHESS, Danilo GASPARINI, professeur à l’université de Padoue, Anne-Lise HEAD-KÖNIG, professeure à l’université de Genève.

 

Comment les paysans considéraient-ils leur terre, comment la transmettaient-ils par le mariage ou l’héritage, quelle place accordaient-ils au mariage foncier, quelle place occupait la terre dans les stratégies de reproduction sociale ?

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Dans les représentations courantes des sociétés rurales, le rapport à la terre de la paysannerie est dominé par l’idée d’un attachement viscéral non seulement à l’égard de la propriété, à l’égard de chaque parcelle, mais à l’égard de l’exploitation. Au-delà de sa valeur économique, la valeur sociale et symbolique de la terre est prégnante au point que la transmission aux descendants du bien et du statut qui l’accompagne figure comme une priorité et comme une étape structurante, le support d’une identité pour chaque famille paysanne. Cet attachement déterminerait largement les comportements sociaux et susciterait une âpre compétition en même temps qu’elle obligerait à des arbitrages complexes pour assurer la continuité de l’exploitation. A la limite, la vente d’un lopin ou l’abandon de la ferme seraient toujours considérés comme des épreuves qu’il s’agit à tout prix d’éviter, tandis que l’accumulation foncière réalisée au prix des pires sacrifices et la transmission de génération en génération de la terre familiale seraient des obligations morales. Le marché des terres serait donc modeste, voire paralysé en dehors des procédures d’expropriation scandées par la détresse financière récurrente de paysans endettés. Ce sont ces évidences qu’il s’agit pourtant de discuter. Que représentait et que représente encore aujourd’hui la possession foncière pour les exploitants ? Comment les familles assuraient-elles leur reproduction à travers l’héritage ou le mariage et dans quelle mesure ont-elles infléchi leurs décisions en raison des transformations profondes induites par les bouleversements économiques, sociaux récents ? Les paysans étaient-ils réellement mus par une passion exclusive pour leur propriété ou bien la traitaient-ils comme un capital comme un autre, en ont-ils fait un simple outil de travail ou gardent-ils un rapport privilégié au foncier ? L’attachement à la terre que l’on leur prête recouvre-t-il une réalité ou bien n’est-il que le reflet de notre propre rapport à la propriété et aux « biens de famille » ?

 

5) Dimanche 21 octobre, 11h 30 – 13h, à l’Amphi rouge, campus CCI :

Produire plus ? Les mutations de l’agriculture du moyen âge à nos jours  (GDR-I CRICEC, organisé par Laurent Herment).

 

Carte blanche à l’Association française d’histoire économique (AFHE).

INTERVENANTS : Laurent FELLER, professeur à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, Llorenc FERRER-ALOS, docteur en histoire à l’université de Barcelone, Anne-Lise HEAD-KÖNIG, professeure à l’université de Genève, Laurent HERMENT, docteur en histoire, chercheur associé au GDRI-CRICEC, Cédric PERRIN, chercheur associé IDHE à l’université de Paris Ouest Nanterre La Défense.

Cette table ronde ambitionne de cerner les mutations agricoles sur la longue durée. Ce regard rétrospectif permettra de relativiser les défis auxquels est confrontée l’agriculture contemporaine et de souligner la spécificité des évolutions actuelles.

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http://www.rdv-histoire.com/-Debats-et-conferences-magistrales,843-.html

 

6) Dimanche 21 octobre, 14h – 15h 30, à l’Amphi 2, Université :

 

Disettes et famines (GDR-I CRICEC, organisé par Gérard Béaur).

INTERVENANTS : Guido ALFANI, professeur assistant à l’université de Milan, Gérard BÉAUR, directeur de recherches au CNRS et directeur d’études à l’EHESS, Laurent FELLER, professeur à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, Cormac O’GRADA, professeur à l’université de Dublin, Gilles VAN KOTE, journaliste au Monde.

 

Cette table ronde a pour objectif de comprendre la récurrence des disettes et des famines dans les sociétés anciennes, leur persistance dans les sociétés contemporaines, d’en mesurer la gravité, d’en  les effets démographiques, économiques et sociaux.

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Pendant longtemps, et probablement depuis l’aube des temps historiques, les disettes et les famines sont revenues accabler les sociétés avec une régularité et une fatalité implacables. Elles frappaient de manière récurrente, inexorablement, des populations vulnérables, soumises à des pénuries alimentaires, les « chertés », sur lesquelles elles avaient peu de prise. La peur de la disette, l’effroi devant l’apparition de famines parcourent l’histoire de la paysannerie depuis la plus haute Antiquité. L’Europe a affronté de manière récurrente ces défaillances du système productif qui ont parfois dégénéré en tragédies et cela jusqu’au cœur du19e siècle, et même beaucoup plus tard, pendant les deux guerres mondiales. On sait que ces disettes et ces famines étaient le résultat de mauvaises récoltes mais qu’elles pouvaient être aggravées, voire provoquées par des troubles ou des guerres, ou encore par la spéculation ; on sait qu’elles pouvaient être accompagnées de catastrophes démographiques, de désordres financiers, voire de récession économique généralisée, de révoltes et de troubles politiques. De ces mécanismes la présente table ronde entend rendre compte. En Europe, les sociétés contemporaines baignent aujourd’hui dans un climat de sérénité, à peine troublé par les échos des terribles ravages qui frappent les sociétés des pays pauvres et qui rappellent combien le problème de la faim n’est aucunement jugulé à l’échelle mondiale. Cette table ronde entend également revenir sur cette question sur le long terme pour comprendre comment ces disettes et ces famines ont pu évoluer ici, voire disparaître, pourquoi et comment elles persistent là, pour mesurer leurs effets inégaux dans les sociétés anciennes et leur impact sélectif dans les sociétés modernes, enfin pour apporter des éléments de comparaison susceptibles de juger de la pertinence de l’expérience historique dans l’interprétation des tragédies contemporaines.

http://www.rdv-histoire.com/IMG/mp3/21-10_-_14h00-15h30_-_disettes_et_famines.mp3

 

7) Dimanche 21 octobre, 15 h 30 – 17 h, Salle des Conférences, Château royal de Blois :

 

De l’expropriation à l’accaparement des terres (GDR 2912, organisé par Pablo F. Luna).

INTERVENANTS : Jean-Michel CARRIÉ, directeur d’études à l’EHESS (sous réserve), Pablo F. LUNA, maître de conférences à l’université de Paris IV - Sorbonne, Michel MERLET, agronome, association AGTER, Abdoul SOW, historien, professeur à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, Nadine VIVIER, professeure émérite à l’université du Maine.

 

Les appropriations massives de terres agricoles apparaissent comme des menaces récentes, mais elles ont été précédées par bien des épisodes de destitution des paysans. De la République romaine à l’Afrique contemporaine, quels enjeux ?

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  Le site de l’AGTER (Améliorer la gouvernance de la terre, de l’eau et des ressources naturelles) vient de mettre en ligne, en fichier audio et en accès direct, l’ensemble des interventions de la table ronde.



Le lien pour y accéder : http://www.agter.asso.fr/article897_fr.html

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Dernière modification :
18/04/2018